Insignifiant

Le quatorze décembre, c’est l’anniversaire de Jane Birkin, de Noémie Lvovsky et de Nostradamus. C’est le quatorze décembre mille cinq cent quarante-deux que Marie Stuart devint reine d’Écosse, le même jour de mille neuf cent quarante-quatre marque la nationalisation des grandes mines de charbon en France (spéciale dédicace à Monsieur Mon Mari) et c’est aussi ce jour-là que le Norvégien Roald Amundsen a été le premier homme à atteindre le pôle Sud, en mille neuf cent onze.

Le quatorze décembre deux mille dix-sept est le jour où un événement totalement insignifiant s’est produit. Insignifiant pour toi, toi et toi aussi là-bas dans le fond, mais pas pour moi. Le quatorze décembre, c’était hier, et hier, j’ai mis fin à dix années (ou à peu près) de présence très assidue (au début, beaucoup moins par la suite) sur un réseau social tellement hégémonique que s’il était un pays, il serait tout simplement le plus peuplé puisqu’il a dépassé le nombre astronomique de deux milliards d’abonnés dits actifs (ceci étant sans rapport avec les préférences sexuelles de certains garçons qui aiment les garçons). [source]

Alors bien sûr, tu pourras toujours me répondre qu’en tant qu’utilisateur d’Instragram et de WhatsApp, tous deux propriétés du réseau social susdit, je ne l’ai pas totalement quitté et ce d’autant moins que Facebook est comme une maladie chronique : une fois inscrit, c’est pour la vie. On ne peut pas en partir totalement puisqu’il n’est possible que de désactiver son compte et que ce qu’on y a posté peut laisser des traces ça et là… Qu’importe, j’en ai fini avec celui-ci comme j’en ai fini plus tôt avec l’oiseau bleu et les réseaux professionnels. J’ai fait disparaître mon reflet numérique, celui qui, à ma grande fierté, apparaissait en tête des recherches Google il y a encore quelques années. Je me cache désormais derrière des pages de résultats consacrés à des homonymes plus visibles et c’est aussi bien comme ça.

Mon désamour pour ce réseau en particulier ne date pas d’hier, ça fait quelques années déjà qu’il avait perdu tout son intérêt au gré de l’apparition de la publicité ciblée à la pelleteuse qui te montre pendant des mois le même produit, considérant que si tu as acheté une friteuse à ultrasons en février, tu en veux une autre en juillet, des algorithmes qui décidaient à ma place de ce que je devais voir parmi toutes les publications de mes « amis », réduisant mon fil à une resucée du Bon coin mâtinée de partage d’articles néo-hippie vantant les bienfaits santé du rutabaga en poudre et du massage de la prostate pour combattre les mycoses. Des années que je restais en me disant que c’était le seul moyen que j’avais de garder le lien avec des personnes plus ou moins proches que je voyais plus ou moins souvent mais il a bien fallu se rendre à l’évidence : bien sûr qu’elles étaient sympa mes copines de BTS il y a vingt ans, mais vingt ans, c’est justement la dernière fois qu’on s’est vu ! Et c’est pareil pour telle cousine pas revue depuis l’enterrement de la grand-mère en mille neuf cent quatre-vingt-onze, tel ami d’ami croisé une fois, tel.le ancien.ne collègue… Mais à quoi bon tenter de conserver un semblant de lien par le biais des réseaux sociaux quand à l’évidence, le tour de la question a été fait et qu’on n’a pas/plus grand chose à se raconter ? Celles et ceux qui comptent ont mon numéro, j’ai le leur, pas besoin de plus.

Bien sûr, je ne parle pas de la chambre d’écho que le réseau créé autour de chaque utilisateur contribuant à le faire vivre dans une bulle. Je ne parle pas non plus de son caractère hautement intrusif et totalement indiscret, d’autres le font mieux que moi. Je ne dis pas non plus que je suis en train de virer ermite hermétique au numérique prêt à renoncer à son smartphone hyper-connecté pour un bon vieux GSM tout comme je ne dis pas que je n’y reviendrai pas si j’en éprouve l’envie ou si j’en ai besoin pour notre projet (ce dont je doute de plus en plus, mais je peux me tromper).

Bref. C’était l’événement insignifiant du quatorze décembre deux mille dix-sept…

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4 réflexions sur “Insignifiant

  1. Bravo ! Je pense que ta démarche est la bonne. Je la suis peu à peu… mais ne regrettes-tu pas parfois le fait que via ces réseaux, il est possible de rencontrer de « belles âmes » avec qui échanger ? (Même si au final, je suis d’accord, ces réseaux ne créent pas de réelle amitié et où chacun resté enfermé derrière ses écrans)

    • Effectivement, j’ai fait de très jolies rencontres grâce aux réseaux (d’autres moins jolies, aussi…), ceetaines de ces rencontres sont d’ailleurs devenues de vraies amitiés. Je ne doute pas d’en faire d’autres grâce à Instagram, je l’espère même ! Néanmoins, je pense que certains de ces réseaux sont arrivés au bout de ce qu’ils pouvaient me proposer. Et puis, j’ai envie de consacrer mon temps à autre chose 😊

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