Inenvisageable

Au mois d’août prochain, je fêterai ma dix-neuvième année de vie lyonnaise. Féter n’est pas le bon mot, tant j’entretiens un rapport finalement compliqué avec la capitale des Gaules.

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Parce que j’y ai suivi ma formation pour devenir guide conférencier, parce que j’y ai exercé cette profession (même si ce ne fut qu’en pointillés), parce que j’ai participé à l’inventaire du patrimoine du secteur UNESCO, parce que je la pratique principalement à pied, c’est une ville que je connais bien. Pas forcément sur le bout des doigts (d’autant que les connaissances finissent par s’émousser faute de ne plus servir) mais suffisamment quand même pour que j’en connaisse les plus jolies vues, les meilleures heures pour la prendre en photo, les meilleures saisons pour arpenter ses berges mais pas les meilleures tables (il y en a trop, et le choix serait subjectif), ni les meilleurs endroits pour aller se trémousser jusqu’au bout de la nuit ou simplement s’abreuver d’alcool dans des quantités tellement peu raisonnables qu’elles conduisent à perdre toute dignité (mais la dignité étant une notion très relative, je me garderai de porter un quelconque jugement).

Malgré tout, ces dix-neuf ans de vie lyonnaise me donnent l’impression d’en être resté en retrait, comme tenu à l’écart, de ne pas vivre la ville mais simplement d’y être domicilié (même si la réalité n’est pas aussi tranchée que les mots le laissent paraître). La vie lyonnaise sait offrir quelques douceurs mais au prix d’un certain parisianisme (dont elle se défend tout en se vantant d’en avoir les avantages sans les inconvénients, renouvelant ainsi ad vitam l’éternel complexe de la ville des Lumière (les frères) vis à vis de la ville lumière) et vient un moment où les atouts finissent par ne plus peser assez lourd face aux contraintes…

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Entendons-nous bien, ce n’est pas la première que Monsieur Mon Mari et moi-même faisons face à une envie d’ailleurs. La liste des villes dans lesquelles nous nous sommes vus vivre (allant parfois même jusqu’à nous porter candidat pour un emploi) n’en finit plus de s’allonger (il faut dire qu’elle est soigneusement entretenue depuis que l’on se connaît). Mais voilà, les opportunités, notre penchant pour la procrastination, notre facilité à rester là où nous sommes plutôt que d’aller voir l’herbe du pré d’à côté, les rencontres aussi, ont fait que nous n’avons jamais franchi le pas. Parce que quitter une ville où l’on vit à deux suppose de trouver du travail pour deux, ce qui est d’autant moins facile que nous n’avons, ni l’un ni l’autre, des métiers faciles à (re)trouver ailleurs, l’aridité des offres pour l’un et la concurrence trop marquée pour l’autre ne jouant pas en notre faveur. Sauf à envisager une possibilité qui me paraissait absolument inenvisageable il y a encore quelques mois…

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Envisager l’inenvisageable est finalement (et contre toute attente) plutôt réjouissant et enthousiasmant, sur le papier en tout cas. Mais pour la première fois, le projet semble être en mesure de se concrétiser facilement (sur le papier, encore et toujours) et rapidement (quelques mois y suffiront si on se lance). Rien n’est encore fait. Il faudra encore un peu de réflexion pour achever d’être convaincu (nous le sommes tous les deux, mais il me reste à moi à m’assurer que ce choix me conviendra aussi).

L’occasion d’en reparler dans un prochain billet…

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6 réflexions sur “Inenvisageable

  1. J’ai habité 4 ans à Lyon quand j’étais petit, quelle belle ville, j’adorais la vue depuis Fourvière, j’ai beaucoup aimé la ville et j’y étais heureux et quand j’y pense c’est avec nostalgie… Toi tu y es moins attaché malgré tes 19 ans 😉 mais bravo pour les photos, magnifiques !

  2. Déménager, quitter son chez soi, perdre ses repère, quitter ses habitudes confortables, la petite boulangerie du coin, l’escalier qu’on aime descendre le soir pour avoir la jolie vue, les bruits familiers, le rythme de la ville qui indirectement rythme notre propre vie… C’est terriblement excitant mais un poil effrayant aussi. En tout cas je vous souhaite plein de belles choses pour ce projet 🙂

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