Sans tambour ni trompette


C’est venu d’un coup. Comme une nausée, un écoeurement, le genre que l’on ressent pendant les fêtes de fin d’année lorsqu’on engloutit le chocolat de trop, celui qui succède péniblement à tout ce qui est rentré dans l’estomac les heures et les jours avant. La goutte de trop, celle qui est sans doute sans importance, sans gravité, sans relief mais qui s’ajoute à toutes celles accumulées avant. La lassitude, aussi. Parce que l’épreuve difficile de la vie, celle dont on ne te parle jamais et à laquelle tu n’es finalement pas préparé, c’est bien celle-ci. Cette lassitude contre laquelle il est parfois vain de lutter tant le combat est inéquitable et perdu d’avance. On ne se bat pas contre des moulins à vent. Pas quand on a conscience qu’il s’agit là d’une perte de temps et que le temps, c’est la denrée la plus précieuse dont nous pouvons disposer, celle qui nous file pourtant entre les doigts à chaque seconde qui s’écoule, et qui ne reviendra jamais…

Tu te réveilles un jour en te disant stop. Basta. Trop c’est trop. Ça suffit. Arrêtons là. Ce qui surprend le plus c’est que cette prise de conscience, pour brutale qu’elle soit (brutale parce qu’inopinée ; inopinée parce qu’on n’avait pas vraiment envie d’admettre qu’on la voyait venir et qu’on préférait regarder ailleurs en se disant que ça finirait bien par passer) est étonnamment douce et apaisée, comme si c’était évident, comme si le moment était venu, comme si, in fine, c’était naturel. Tellement d’ailleurs que tu ne prends même pas la peine de faire un inventaire, de revenir sur les bons moments vécus, parce que refaire l’histoire n’a finalement aucun intérêt pour toi et que, s’agissant d’une décision personnelle, tu n’as pas à chercher une quelconque justification. Tu n’essaies même pas de trouver des arguments pour contrebalancer ta décision tant tu sais que celle-ci est aussi ferme que définitive.

Fidèle à toi-même, tu laisses traîner. Tu espères secrètement changer d’avis avec le temps mais tu sais que c’est un mensonge que tu te racontes. Mais tu laisses traîner quand même. Il n’y a aucune urgence, dans le fond, alors pourquoi se précipiter ? Après tout, tu sais que tu vas le faire, alors quelle obligation de le faire là, tout de suite ?

L’histoire de ma vie.


Il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte

Sans tambour, ni trompette, j’ai quitté Twitter.

Sans tambour, ni trompette, mais peut-être avec une fête, si tout se passe comme envisagé dans les mois qui viennent, il sera temps d’un autre départ (mais ça fera l’objet d’un autre billet).

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2 réflexions sur “Sans tambour ni trompette

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