De l’agacement

Cette semaine devait être une semaine de vacances consacrées au repos, au sport, à quelque tri domestique rendu nécessaire par un éventuel probable déménagement à venir (probable on a dit, hein !), à quelques menues tâches sur la voiture dont nous nous débarrassons bientôt, bref, à tout un tas d’occupation, du genre de celles auxquelles je n’ai pas le temps de me consacrer en temps normal.

Mais (parce que tu penses bien qu’il y a un « mais ») c’était sans compter sur la Vie (cette pute), le sort, le karma ou simplement une bête malchance qui a placé sur ma route un obstacle de taille à pulvériser le programme établi. Dimanche matin, plein d’entrain et de motivation ensoleillée, j’ai chaussé mes baskets pour une séance de running qui a plutôt bien commencé… et qui s’est arrêté aussi brutalement qu’inopinément lorsque mon pied (le droit il me semble) a rencontré une plaque d’égout mal scellée (ou une pierre, va savoir), provoquant un déséquilibre immédiat qui a entraîné une chute violente, à peine retenue. C’est marrant comme la chute paraît lente quand on en est soi-même l’acteur, ce sol qui met du temps à approcher et qu’on a presque le temps de détailler avant d’en savourer le contact dans sa chair. Force est de constater que j’ai une certaine propension à (tenter de) m’amortir par mon côté droit. Ça devient presque une habitude

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Tourner sur le dos, tenter de faire le tri dans les informations qui inondent le cerveau, se relever (dignement si possible), faire signe aux gens qui se sont arrêtés pour leur dire que tout va bien, épousseter les vêtements dans une tentative dérisoire de paraître présentable, observer les plaies (mineures, des éraflures tout au plus) sur les mains, le genou et en sentir à d’autres endroits. Se dire que l’on va repartir une fois que le souffle sera revenu et sentir une douleur inédite. Diffuse, bien présente, et inattendue à cet endroit-là…

Trouver de l’eau pour rincer les écorchures, faire bouger cette articulation dans tous les sens pour tenter de percevoir l’étendue des dégâts, se dire que ça ne paraît pas anodin, se rendre à l’arrêt de bus, prévenir Monsieur Mon Mari, rentrer chez nous, prendre une douche, décider de ne pas aller aux urgences parce que le déjeuner prévu est quand même plus attrayant, demander un avis aux amis médecins (merci au passage, les garçons), se résoudre à attendre lundi pour une consultation (décrochée pour le jour même, ce qui relève du miracle), se faire manipuler par son généraliste, entendre le diagnostic… La coiffe des rotateurs (rien à voir avec une quelconque tradition vestimentaire régionale) est atteinte, si j’ai bien compris c’est comme une grosse tendinite. J’hérite d’anti-inflammatoires et d’une ordonnance pour des séances de kiné avec pour instruction de commencer les séances rapidement… Ce qui s’annonce moins simple que prévu étant donné la difficulté à obtenir un rendez-vous (mais on ne va pas s’appesantir sur le sujet, la situation est déjà assez agaçante comme ça).

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Vient le moment d’apprivoiser la situation, sans trop se demander combien de temps cela va durer (même si je sais que ce ne sera pas court), d’apprendre à se passer de toute préhension de la main droite (et bien sûr je suis droitier, sinon ce n’est pas drôle), de tenter de mieux utiliser sa main gauche (et pas uniquement pour un usage visant à la recherche d’un plaisir solitaire mais aussi et surtout pour de bêtes besoins primaires comme manger et se brosser les dents), d’essayer de supporter le bras droit en écharpe (je n’y parviens pas, d’ailleurs), de trouver la position idoine pour dormir, de confier la plupart des tâches ménagères à Monsieur Mon Mari faute de pouvoir faire grand chose…

Ainsi donc, le handicap aidant, ma semaine de vacances actives prend le chemin du canapé. Et même si celui-ci ne manque pas de confort, c’est avant tout de l’agacement que je ressens. Très. Beaucoup.

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6 réflexions sur “De l’agacement

  1. J’aurai pu écrire à quelques détails près la même chose les jours suivant le 27 sept .
    Notre corps d’adulte n’aime vraiment pas chuter
    Merci la kiné qui permet toutes les semaines de progresser et de regagner doucement ce qui a été perdu
    Il faut de la patience , donnée rare et jamais là quand on en a besoin
    Bientôt cela ira mieux
    Bientôt

  2. Ah merde… Loi de Murphy oblige, ce genre de trucs n’arrive que quand c’est susceptible de faire le plus chier. Forcément.

    J’étais pas tombée pour de vrai depuis ma prime jeunesse, mais quand c’est arrivé il y a 2 ou 3 mois j’ai vécu exactement ce que tu décris : le temps s’allonge et la chute en elle-même dure une éternité, j’ai eu le temps de me demander dans quelle position il valait mieux que je m’écrase la face. Mon obsession était de protéger mon visage (j’ai toujours eu cette peur irrationnelle de me péter les dents de devant), et j’étais tellement concentrée sur ma tâche que je n’ai pas émis un son en m’affalant apparemment. C a continué à courir pendant bien 150 m avant de s’apercevoir que j’avais disparu…

    Tout ça pour dire que la course à pied c’est dangereux hein. Ca va bien que ça raffermit le fessier parce que sinon je ne prendrais pas le risque.

  3. Aie ! La coiffe des rotateurs. ..cette salope très utile dans la stabilité de l’épaule. …bref comme tu lesais sans doute déjà. ..ça va être long pour guérir mais grâce à de bonnes séances de kine cela devrait rentrer dans l’ordre
    Des bisous mon grand (euh. ..?)

  4. Arf… l’épaule n’est pas une articulation particulièrement sympathique lorsqu’elle commence à déconner. Heureusement pour toi, tu n’es pas tombé de trop haut… :p

    Et vu que ton handicap momentané t’astreint à une certaine forme de repos sans manifestement te priver de la possibilité d’écrire, tu devrais en profiter pour nourrir ce blog un petit peu plus 😉

    Des bises, et bon rétablissement.

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