Trans-porcs

“Tout ce qui est petit est mignon” dit le dicton certainement écrit par un nain. Alors déjà, non, tout ce qui est petit n’est pas forcément mignon. Tout ce qui est petit n’est pas forcément pratique. Tout ce qui est petit n’est pas forcément mieux que ce qui est grand ou, à tout le moins, d’une taille suffisamment adéquate à l’usage que l’on fait de la chose mesurée.

Ça n’aura pas échappé à l’œil aiguisé de ceux qui m’ont déjà rencontrés : on ne peut décemment pas dire que je suis grand. Je suis même dix centimètres en-dessous de la taille moyenne du Français contemporain. Ce résultat génétique contre lequel je ne peux rien ne m’a jamais posé problème. À vrai dire, je m’en fous.

Sauf dans les transports en commun, particulièrement lorsque la température extérieure tend à libérer l’être humain de plusieurs couches de vêtements, ne laissant que peu d’obstacles à l’évacuation d’odeurs corporelles bien peu attractives (sous mes airs bourrus, je ne suis pas très porté sur le Néandertal mal lavé). Comme j’exerce une activité professionnelle normale, je fréquente les transports en commun aux mêmes horaires que la plupart de mes congénères. Ce qui a pour conséquence une promiscuité proportionnelle à la densité de corps fatigués par une journée de travail au mètre carré.

Autant la promiscuité peut ne pas me déplaire lorsqu’elle me pousse à me coller à un spécimen mâle tel que le très beau (et joliment bâti) grand roux croisé cet après-midi, autant elle est moins plaisante lorsque la Providence, toujours très joueuse avec moi, m’inflige un rapprochement beaucoup trop au-delà du seuil d’intimité toléré entre mon nez et l’aisselle défraîchie d’un type qui ignore manifestement l’usage du déodorant, voire du savon. À sa décharge, ledit type de ce jour semblait être manifestement légèrement handicapé, suffisamment en tous cas pour ne pas être en mesure de juger le caractère très incommodant de sa posture pour le petit homo sapiens qui se trouvait à ses côtés mais hors de son champ de vision.

(en vrai, le roumignon de ce soir ressemblait plutôt à celui-ci -habillé, cela dit- mais j’aime bien le premier aussi)

Voilà mon éternel problème : ma taille semble me mettre hors de vue de tous ceux qui ont bien terminé leur croissance, fini leur soupe ou simplement profité de gènes un peu plus évolués que les miens, quand bien même ils marcheraient le regard bas. Car ne l’oublions pas, comme je l’ai écrit il y a déjà quelques temps : en plus d’être petit, je suis transparent.

Mais je pense avoir LA solution à mon problème :

Avec ce superbe sombrero, je gagne non seulement les centimètre qu’il me manque pour être visible de tous, mais je tiens tout le monde à distance respectable (sauf ceux qui sont plus petits que moi, mais avouons qu’ils sont rares). Et l’intérêt du sombrero, c’est que ça va avec tout, comme avec rien…

Portraits de co-détenus : La Gaga

Arrêtez les recherches : j’ai trouvé la reine des connes !

C’est ce statut posté sur Facebook par un beau jour de février 2010 qui, finalement, résume le mieux cette collègue très spéciale surnommée Lady Gaga par ma collègue-que-j’aime-bien-et-dont-je-ne-dirai-pas-de-mal-même-si-tu-me-paies, surnom que j’ai commenté par un cinglant “Gaga, ça oui, elle l’est, mais Lady, non.

Difficile de décrire l’engin tant il est atteint d’un nombre de tares que l’Encyclopaedia Universalis en trente-trois volumes ne suffirait pas à compiler. Qu’elle soit conne, passe encore. C’est tellement répandu que ça n’en est pas suffisamment original pour être souligné. Mais considérant que sa connerie ne suffit déjà pas à son existence merdique (parce que bon, admettons-le quand même : c’est le genre de fille qui a tellement une vie de merde qu’elle mériterait presque une médaille si elle n’était pas si barge) elle est en plus profondément idiote (mais elle le fait clairement exprès), faussement gentille mais vraiment garce, menteuse, affabulatrice, fumiste et clairement dérangée sur le plan psychiatrique. Quand je dis dérangée, il ne s’agit pas d’un euphémisme, hein ?! Elle est totalement folle, givrée, cinglée, aliénée tendance hystérique et totalement inapte à la vie de bureau.

De prime abord, la fille paraît sympa quand tu la rencontres pour la première fois. Beaucoup moins dès que tu commences à travailler avec. Et le souci, c’est que le poste qu’elle occupe la rend incontournable. Dire qu’elle est “chargée de l’accueil” de l’entreprise est une insulte au mot accueil. Et je ne peux me résoudre à la qualifier de standardiste par égard à Maman Glimpse qui a exercé le métier pendant une très longue partie de sa carrière (la conduisant à détester cordialement le téléphone, mais c’est un autre sujet). C’est bien simple, elle n’est compétente en rien. Ah si, elle est championne du “c’est pas moi”. Ce n’est jamais à elle de faire ceci ou cela et si jamais, par une malchance pas possible qui s’abattrait sur elle telle la gale sur les jambes d’un manchot édenté, elle se retrouve acculée face à une tâche qu’elle ne peut contourner, elle ne la fera tout simplement pas, mais en prenant bien soin d’accuser n’importe qui de ne pas avoir fait ce qui lui était indispensable. Tu veux voir l’expression de la plus pure mauvaise foi ? Viens faire un tour !

Je ne suis pas le seul à conclure qu’elle n’a aucune qualité, puisque tout ce que l’entreprise compte de responsables se la refile de poste en poste telle une patate trop chaude. Mais personne n’ose lui faire de reproches parce qu’elle a tellement une vie de merde qu’on la prend en pitié. Pitié qui a trouvé un point d’orgue à l’occasion d’un grave accident domestique dont elle a été victime.

Pendant ses deux années d’absence, nous avons vécu une étrange situation où, du jour au lendemain, tout un tas de problèmes, conflits et tensions se sont subitement évaporés (pour être remplacés par d’autres, mais c’est un autre sujet). Jusqu’à ce qu’elle revienne la semaine dernière. Handicapée suite à son accident, certes. Mais inchangée sur le reste. Dix minutes de conversation ont suffi à m’en assurer. Je ne me faisais de toute façon guère d’illusions.

Et nous revoilà avec cette pauvre fille placée à un poste sans responsabilité où elle va malgré tout réussir à nous pourrir le peu de collaboration que l’on aura avec elle, qui reprend sa vie médiocre entourée de personnes toxiques dont l’influence est tellement néfaste qu’elle en est dangereuse (pour elle), qui, renouant avec sa fourberie habituelle, s’est déjà faite porter pâle moins d’une semaine après sa reprise prétextant, comme à son habitude, une histoire abracadabrantesque qui n’arrive bien sûr qu’à elle tant elle est un paratonnerre à emmerdes. En réalité, le principal problème de cette fille, c’est elle-même.

Sociabilisation

Ce qu’il y a de bien avec un pitichien, c’est qu’il faut le sortir plusieurs fois par jour. Certes, ça peut se révéler être une corvée (ce que ça ne manquera pas d’être les jours d’averse ou de grand froid) mais pour l’instant, c’est plutôt plaisant. Et surtout, c’est un outil de sociabilisation surpuissant. Et assez étonnant au demeurant pour des gens un peu asociaux comme Monsieur Mon Homme et moi pouvons l’être.

Il faut dire que lorsque tu promènes un tout petit chiot cro-cro-mignon comme l’est Gunther, tu es tout de suite l’objet de toutes les attentions du quartier. En trois jours nous n’avons jamais discuté avec autant de gens. Genre presque plus qu’en une année complète. Et comme il est loin d’être sauvage, les rencontres sont d’autant plus facilitées.

C’est ainsi que nous avons, lui et moi, fait la connaissance d’un groupe de jeunes gars qui jouaient aux boules sur l’esplanade à côté de chez nous. Et vas-y que je te léchouille les doigts pleins de gras de chips, que je veux moi aussi jouer avec les boules aussi grosses que ma tête. Grand succès ! Vinrent ensuite des bébés, des gens qui à la vue de pitichien s’arrêtent pour se faire lécher les doigts (et certainement un peu mordiller aussi au passage, mais c’est tellement trognon) et engager la conversation et surtout tous les autres papas et mamans chiens du quartier. Et je n’avais jamais porté attention au nombre de toutous qui résident dans le coin.

Dans le lot, il y a tous ces gens sympas qui ne tarissent pas de conseils au sujet de l’éducation canine, qui essaient (vainement, bien souvent) de deviner la race de Gunther ou qui retiennent leur énorme chien pour qu’il évite de ne faire qu’une bouchée du nôtre. Et puis il y a quand même des gens bizarres. Je passe sur les alcooliques qui vivent seuls avec leur animal, nous faisons un peu de social en discutant avec eux. Il y a eu cette dame étrange qui est restée très (trop) longtemps à nous observer avec son chien qui avait la gueule en sang après une bagarre alors qu’il était peut-être relativement urgent de s’occuper dudit chien.

Et ce jeune gars croisé ce soir. Nous avions décidé de changer de lieu de promenade et d’opter pour une vaste place assez peu fréquentée et qui dispose de grandes étendues engazonnées. Ce type d’une vingtaine d’années avec son jogging et son sweat à capuche oversize était assis sur le dossier d’un banc et j’ai vite remarqué qu’il ne nous lâchait pas du regard. Nous avions fini par déduire, en le voyant déambuler de long en large, qu’il cherchait à commercialiser certaines substances illicites lorsqu’il s’est approché de nous et nous a abordé de manière, disons, inattendue mais avec le sourire (certainement du à la consommation de sa marchandise).

Lui : Bonsoir, je peux vous poser une question ?

Nous : Heu… oui.

Lui : Vous êtes homosexuels ?

Moi (après un bref instant d’hésitation) : Et en quoi ça vous regarde ?

Lui : Ben je sais pas, je demande.

Moi : Pourquoi, on a l’air homosexuel ?

Lui : Heu, non.

(après un léger flottement)

Lui : En fait, je suis bi et je me demandais si vous seriez intéressés…

Alors là, on ne nous l’avais jamais faite, celle-là ! J’ai quand même eu envie de lui dire qu’il y avait des endroits un peu plus intéressants à Lyon s’il voulait pécho. Parce qu’il risque d’attendre sacrément longtemps avant de trouver de quoi se mettre sous la dent langue ou dans n’importe quel autre endroit de son anatomie qui lui siéra.

Je pense qu’on n’a pas fini de rire.

Nouveau venu

Ca ne t’auras pas échappé si tu me suis sur Twitter ou si tu fais partie de mes amis Facebookiens, depuis hier, notre foyer compte un nouveau membre en la personne (si, si, la personne) de Gunther, petit bouledogue français cro-cro mignon de deux mois et demi.

(je tiens à préciser qu’il y a un corps sous la tête, ceci n’est qu’une illusion d’optique)

Cela faisait longtemps que Monsieur Mon Homme et moi y pensions (à vrai dire, son prénom était choisi depuis plusieurs années) mais le projet a été sérieusement réactivé il y a quelques semaines.

Il y a une dizaine de jours de cela, nous nous sommes rendus dans une animalerie de la banlieue qui proposait une petite bouledogue à un prix clairement prohibitif. Bien décidés à ne pas renoncer, nous sommes remontés dans la Glimpsomobile pour nous rendre dans une autre animalerie où là, le choix qui s’offrait à nous était autant pléthorique que les tarifs attractifs.

Carlin, Jack Russel, Cavalier King Charles et bien sûr, Bouledogues français : nous n’avions que l’embarras du choix de petites bêtes toutes plus adorables les unes que les autres. Une petite conversation plus tard avec la (très compétente) soigneuse et nous sommes remontés dans la voiture avec la ferme intention d’adopter. Tout de suite.

Le tout de suite n’ayant pas pu voir le jour en raison d’un week-end perpignanais prévu de longue date, nous avons pris contact avec l’animalerie quelques jours plus tard pour s’enquérir d’un nouvel arrivage et, le cas échéant, mettre une option sur notre futur compagnon à quatre pattes. Ce qui fut fait.

Un saut de puce vendredi après-midi pour faire connaissance et l’affaire était dans le sac. C’est ainsi qu’à peine rentrés de notre pont du Vrai Travail, j’ai foncé hier après-midi récupérer le bébé.

Comme pour un enfant, nous avons du faire l’acquisition de tout le matériel néonatal canin et annoncer la bonne nouvelle à la famille (puisque nous y étions). Là, j’aime autant te dire que Maman et Papa Glimpse n’ont, et c’est le moins qu’on puisse dire, pas vraiment fait preuve d’enthousiasme. Et je pèse mes mots.

- “Un chien, non mais vous êtes pas bien !

- Et vous allez le sortir trois fois par jour ?

- Comptez pas qu’il vienne à la maison, hein ?

- Non mais n’importe quoi !

- Un bouledogue ? Ce machin qui s’est pris une porte et qui pue ?

- Ah mais moi en plus, je suis allergique !

- Si, tu sais, c’est le même genre que Hugo. Ahlala, il est con ce chien, mais con !”

(je tiens à préciser que je ne connais pas du tout le Hugo en question).

Rien de surprenant dans la réaction de mes parents dans la mesure où ils ne sont guère fans des animaux. Nous avions eu droit à des réflexions semblables lorsque nous avions annoncé l’arrivée de Buffy, ce qui paraît presque incroyable lorsqu’on les voit (ma mère, surtout) s’amuser avec elle. Bref, mes parents, quoi.

Fort heureusement (et ça je le savais sans même lui en avoir parlé), ma sœur, elle, s’est montrée tout de suite très enthousiaste, nous assurant au passage que si Gunther était canis non grata chez nos géniteurs, il était plus que bienvenue chez elle. Ouf.

La présence de Gunther et sa découverte plus que mouvementée de l’appartement nous a permis d’échapper partiellement au débat d’hier soir. Il est très vif, super câlin, extrêmement sociable et semble comprendre vite. Sa première nuit ici a été très calme et il a fait des ravages pendant sa promenade de ce soir, notamment auprès d’un groupe de jeunes boulistes qui sont devenus ses meilleurs amis l’espace de dix minutes.

 

Quant à Buffy, après avoir manifesté bruyamment sa désapprobation à la vue de pitichien qui lui courrait après pour jouer, elle semble aujourd’hui être en voie d’adaptation. Ils peuvent maintenant se renifler sans que cela ne dégénère. Pas encore le grand amour, mais ça paraît être en bonne voie. Cerise sur le gâteau (je sais, j’use et j’abuse de cette expression, c’est ainsi), l’appartement n’était pas dévasté lorsque je suis rentré ce soir après les avoir laissés seuls toute la journée. Reste à apprendre la propreté à Gunther et le tour sera joué.

Bien sûr, dire que nous sommes totalement gaga est parfaitement superflu.

Retour à la normale

J’avais prévenu par tweet interposé en date du 30 mars : j’entrais ce jour-là dans une quinzaine qui s’annonçait éprouvante.

Il ne s’agissait nullement d’une quelconque prédiction mystique faisant référence à la supposée malédiction liée à un jour prétendument sensé porter malheur mais plutôt d’un constat honnête et objectif à la simple pensée de ce qui m’attendait.

A la veille de ce funeste jour qui devrait donc marquer mon dernier soupir, je me dois de faire un constat : je n’ai rien exagéré.

Durant les deux semaines qui viennent de s’écouler, il m’a donc été donné de (dans le désordre) :

  • fêter à deux reprises le départ à plus de huit milles kilomètres d’ici d’un compère blogueur (qui ne blogue plus beaucoup, d’ailleurs) ;
  • corriger près de quatre-vingt copies à la qualité plus que médiocre (principalement en raison d’un sujet mal ficelé, élaboré par un enseignant – ou supposé tel – qui ne maîtrise manifestement pas le sujet au vu de l’énorme contresens commis) ;
  • élaborer un sujet d’examen minable ;
  • me déplacer à deux reprises en Plouquie, dont une fois pour passer une journée d’ennui accablant à me geler les noix dans une salle glacée ;
  • repasser au moins trente chemises (et je ne parle pas du reste) ;
  • assister une amie dans son déménagement outre-Atlantique ;
  • transférer (à la seule force de mes bras et de ceux de Monsieur Mon Homme) le lave-vaisselle de la susdite depuis son appartement au quatrième sans ascenseur jusqu’à chez nous (et même si la distance n’est que de deux cent soixante mètres, avec un lave-vaisselle, ça fait loin) ;
  • tenter de transporter, depuis le même endroit, le réfrigérateur avant de renoncer à peine sortis de la cuisine compte-tenu du poids de la bête (c’est là que nous avons regretté de ne pas avoir un ami un poil plus baraqué que nous) ;
  • assurer deux aller-retours à la déchèterie, suivis d’une livraison de meuble d’occasion chez une autre amie ;
  • passer une soirée sympa à coacher deux filles perdues (dont l’amie ci-dessus) dans leurs relations avec la gent masculine hétérosexuelle (qui est finalement bien compliquée).

Et j’en oublie sûrement un peu… Ce n’est malheureusement pas tout à fait fini parce que l’une des conséquences de cette suractivité est que notre appartement est à un niveau de bordel et d’encombrement rarement atteint (il faut dire que notre ancien lave-vaisselle hors d’usage qui trône dans le couloir n’est pas très feng shui sans compter tout ce qui nous a été légué à l’occasion du déménagement). Mais avant de ranger, il va falloir dormir un peu…

Note : certains d’entre-vous m’ont fait part de leur difficulté à commenter depuis quelques temps. J’ai donc changé les paramètres et il n’est désormais plus obligatoire d’indiquer son adresse e-mail (même si le formulaire continue de le proposer).